Témoignez, Partagez

Nous sommes si nombreux à vouloir partager notre amour pour Mano, et cela nous tient tellement à coeur. Nous pensons à ses proches, qui éclairaient sa vie, à ses amis, ses compagnons, ses élèves, à tous ses engagements. Rassemblons tous ses engagements, éducatifs, sociaux, philosophiques, musicaux, yiddish, pour porter encore sa mémoire et son action, partagez, témoignez, abonnez-vous pour recevoir d’autres partages.

Voici un endroit accessible à toutes et tous, laissez vos témoignages et vos partages, petits ou grands, héroïques ou quotidien. Si vous le souhaitez, ils seront publiés.

Vous pouvez partager vos pensées en suivant ce lien: Témoignages et pensées pour Mano. Sa mémoire est une bénédiction, qu’elle nous porte pour que nous tenions tout ce à quoi elle tenait.

28 commentaires sur “Témoignez, Partagez

  1. Mano,
    Quand on nous a annoncé «  Cherioux en deuil », je n’ai pas pensé une seconde que cela pouvait te concerner. La semaine dernière je t’avais croisée plusieurs fois et je trouvais que tu étais en forme plus que jamais. J’étais ravi de savoir que tu voulais me faire participer à ton projet sur la vie des enseignants, j’aurais voulu que celui-ci aboutisse mais malheureusement sur une vie nous n’avons pas le temps de faire tout ce que l’on veut.

    Tu ne voyais que le positif sur tout, j’apreciais énormément tes valeurs humaines, c’était toujours un grand plaisir de discuter avec toi. J’aurais voulu travailler et écouter tes concerts encore de longues années mais le temps de ta vie ne nous a pas permis de partager des moments de joie supplémentaires et de discussions riches pour nos élèves.

    Je me rappelle des moments de fatigue après le boulot où nous étions avachis sur les canapés de la salle des profs, et on s’encourageait à prendre un peu de forces pour reprendre le chemin de la maison avec un bon thé chaud. C’était un moment de décompression après avoir donné toute ton énergie à nos élèves. Encore une preuve de ta qualité remarquable d’enseignante.

    Tu n’as laissé que de très bons souvenirs. Collègue puis une amie, tu auras toujours une place dans ma mémoire .

    Je ne peux que partager la tristesse des gens qui t’aiment !

    MANO, EYBIK LEBN TSU ALE !!!

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  2. Le décès de Mano est une grande perte pour la Licra. Parfois virulente mais cherchant toujours la vérité. Passionnée et passionnante, sa vivacité et son art du discours et de la répartie seduisait toujours. Une de ces personnalités qui ne se laisse pas démolir par la difficulté, et qui trouvent toujours la force de rebondir.
    Quelle chance avons nous eu, dans la Drôme, de pouvoir la cotoyer souvent, en particulier dans son beau village de Dieulefit, où « le miracle du silence » a permis de sauver des centaines de vies.
    C est donc tout naturellement qu’elle proposa avec Antoine Spire une première Journée des Justes, puis une 2eme à Peyrins et Bourg de Péage.
    Toujours avec précision, conviction et pragmatisme. Comme en Avignon, où l’on passait pour une heure et restait beaucoup plus longtemps à rencontrer, distribuer et argumenter dans les rues ou dans les theatres
    Nous n’oublierons pas non plus la convivialité, la joie de passer de belles soirées ensemble, à Dieulefit, à Romans, ou ailleurs
    Elle portait le projet Marx Sisters, les Drômois ont eu le plaisir de vivre de mémorables soirées klezmer, et sans nul doute ce groupe poursuivra son oeuvre, propulsé par l energie qu’insuffle et qu’insufflera Mano.
    Merci Mano d’avoir été de celles qui donnent du sens à l’engagement à la Licra

    Pierre Pieniek

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  3. A plusieurs reprises, dans les petits temples drômois et sur le marché de Dieulefit, vous m’avez enchantée, la « guitariste », toujours un peu en retrait. Avec son banjo en bandouillère, pendant que vous vous éclatiez sur scène, c’est surtout de son regard sur vous dont je me souviens. La fierté de son regard. Judith, Leah, Milena, vous avec la chance et la force d’être pour toujours les filles de cette femme-là: je vous attend au temple de Nyons, l’an prochain….On chantera.

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  4. Mano va nous manquer ! Elle inspirait la sympathie et respirait la sagesse, la générosité, l’humanité. Toutes mes condoléances à ses proches.
    David

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  5. Quelle brutale et triste nouvelle! Je garderai toujours la mémoire de Mano et du groupe philo « entre amis » qu’elle animait avec passion. Moments exceptionnels intenses et joyeux. Merci.

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  6. Mano, tu étais devenue mon amie-collègue.
    Comment c’est arrivé ? Comme ça, « bing » comme disait un élève l’an dernier !
    Nous nous sommes rencontrées il y a quelques années, puis un jour, on nous a collées ce fameux titre de « CO P P », « quelle est cette chose curieuse ? As-tu dit pour rire, et nous avions bien ri ! Ainsi, avec toi Mano, c’est l’Aventure qui commence ! Notre mission : l’égalité scolaire, « en tenant compte de l’élève dans toutes ses dimensions, pas uniquement scolaire », argumentais-tu en femme de conviction ! Sans parler de ce « briseur de rêves »  contre lequel tu pestais : Parcoursup et ses attendus ! Non, « pas question de renoncer à ses rêves », conseillais-tu les élèves. Ils t’adoraient. Je me rappelle : « Bonne nuit, Madame Siri, avec un petit coeur » : sur watssap, durant un soir de confinement. Rire !

    Des idées, des projets, des rêves plein la tête, « tout va très bien Marianne très esquise ! » rires !
    Des rêves, oui, et aussi des inquiétudes. Un soir, durant les vacances, je me souviens de ton message : « notre société n’est-elle pas en train d’esquiver lorsque les médias parlent de folie meurtrière ou de l’emprise du cannabis pour expliquer un geste antisémite ? Nous faire réfléchir.
    Oui Mano.
    Mano, je voulais te dire, tu aurais été émue comme je l’ai été ce matin, tes élèves étaient là pour te rendre hommage, « c’était notre professeure de philosophie »! L’entrée du bât. A est plein de tes élèves et collègues !

    Ce soir, je suis bien triste et je voudrais dire à tes enfants qu’ils peuvent compter sur moi, sur nous, les professeurs de Chérioux ! La solidarité n’est pas qu’un vain mot !

    Nous sommes à vos côtés et pensons bien fort à vous trois, vous qui traversez cette épreuve douloureuse.
    Bien chaleureusement,
    Corinne, une professeure du lycée Chérioux

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  7. Judith, Léah, Miléna, toutes nos pensées et soutien vers vous pour accompagner votre peine, votre douleur et votre tristesse. Que de bons souvenirs d’enfance, de jeunesse et de « 400 » coups avec votre mère et vous! N’hésitez pas si on peut vous aider en quoi que ce soit. On vous embrasse.
    France – Sidney – Marvyn – Adryan

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  8. Mano, ma tendre Mano
    Tu nous laisse avec ton souvenir
    Tu étais une femme ardente et courageuse
    J’aimais celle que tu étais
    Je pense à tes filles, ta famille, tes amis, et tous ceux qui ont eu la chance de te connaître
    Adieu Mano
    Myriam

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  9. Le plus merveilleux souvenir que j ai de toi, Mano, c est la façon magistrale dont tu as détruit d un coup de pied justicier la porte du bureau où tu étais maltraitée comme nous toutes… au rectorat de Creteil… je te remercie de cet acte citoyen et j adresse à tes trois brillantes filles mes encouragements à perpétuer le courage et la droiture qui étaient tiens en toute circonstance… ❤

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  10. Mano pour moi c’est la première adulte amie et de confiance que j’ai rencontrée à Paris. C’est la découverte d’un lien fort et profond avec le yiddish, inspirant et généreux, un rapprochement avec mes origines. C’est la culture, les discussions précises, politiques, les échanges d’idées, comment refaire le monde ? Pas de généralités, pas de raccourcis, avec Mano ça passe pas ça, et tant mieux parce que de toute façon c’est dangereux les raccourcis. Le monde est meilleur sans généralités, et le monde était meilleur avec Mano.
    C’est la philo. Au départ pour préparer le bac dans le jardin de Dieulefit, puis dans le cerveau à essayer de retourner une problématique qui questionne, qui tend et qui réclame une résolution, et enfin dans le coeur et dans les convictions, avec la démarche absolument indispensable d’interroger ce qui est déclaré. De tout interroger avant de tout remettre dans l’ordre, et de l’affirmer avec assurance et fierté une fois que j’ai compris. C’est le sauvetage in extremis deux ans plus tard de ma note aux concours.
    C’est la musique et le folklore, le sourire bienveillant et la petite remarque au second degré que je comprenais une fois sur deux, c’est la maman de Milena ma première amie à Paris il y a cinq ans. C’est les fin de Kippour avec les macrouds, les dattes et le thé à la mente, la chaleur quoi. C’est quelqu’un que j’aurais aimé mieux connaître, dont j’avais beaucoup de choses à apprendre.
    Mano représente tout ça pour moi et je suis profondément en colère et triste que le monde en soit privé.
    Hug à tout ceux qui pourraient en avoir besoin et prenez soin de vous… Judith, Leah et Milena vous être les dignes héritières de Mano, vous êtes incroyables et je pense très fort à vous

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  11. Pour avoir côtoyé Mano dans des contextes très divers:
    au Théâtre, en tant que spectatrice engagée; au Café des Psaumes où elle animait un dėbat d’idées avec un auteur; en famille où elle débordait de tendresse avec ses trois joyaux; au concert où elle accompagnait délicieusement
    les Marx Sisters, ce fut toujours avec le même ravissement, le bonheur en effet semblait avoir des rayons et semait autour d’elle une atmosphère dans laquelle elle ėtait enveloppėe et enveloppait ceux qui la regardaient.

    Mano a tissé un lien avec les êtres, avec la pensée, avec les actes, avec la culture et nous relie!

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  12. Pour avoir côtoyé Mano dans des contextes divers: au Théâtre, en tant que spectatrice engagée ; au Café des Psaumes où elle animait un dėbat d’idées avec un auteur ; en famille où elle débordait de tendresse avec ses trois joyaux ; au concert où elle accompagnait délicieusement, les Marx Sisters, ce fut toujours avec le même ravissement, le bonheur en effet semblait avoir des rayons et semait autour d’elle une atmosphère dans laquelle elle ėtait enveloppėe et enveloppait ceux qui la regardaient.
    Mano à tissé un lien avec les êtres, avec la pensée, avec les actes, avec la culture et nous relie.
    Brigitte.

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  13. Un petit témoignage ici, qui je l’espère, ne dénotera pas trop. Je n’ai pour ma part jamais rencontré Mano, mais nous avons été en contact à deux reprises que je voudrais raconter ici.
    La première fois, c’est lorsque je jouais à Avignon un spectacle qui s’appelait « Le Nazi et le Barbier » d’après le roman d’Egar Hilsenrath. Mano était venue le voir et avait écrit une critique sur le site de la Licra. Je crois pouvoir dire – sans dénaturer son propos – qu’elle avait détesté ce spectacle, non pas en raison du jeu ou de la mise en scène, mais en raison du propos qu’elle avait jugé caricatural et établissant des comparaisons tout à fait fausses. Il va sans dire que je n’étais pas d’accord avec elle, mais son article était engagé et argumenté, ce qui n’est pas toujours le cas, même lorsque les critiques sont positives. J’avais donc gardé en tête cette critique et avais espéré que j’aurai un jour l’occasion d’en discuter avec elle.
    Quelques mois plus tard, nous avons conversé sur facebook. Je lui ai rappelé qui j’étais. Elle m’a confirmé avoir bien écrit cet article, qu’elle s’était depuis fait virer de la Licra, qu’elle était évidemment d’accord pour qu’on en discute un jour et que si j’aimais la musique Yiddish, il fallait absolument que je vienne voir les Marx Sisters. Tout ça dans le même message !!! Je m’en suis amusé et lui ai dit que j’avais commencé à écrire une pièce qui s’appelait « L’odyssée des sœurs Marx » et que j’étais ravi d’apprendre que les sœurs Marx existaient dans la vraie vie.
    Je n’ai jamais terminé d’écrire cette pièce et je n’ai jamais rencontré Mano.
    L’autre jour quand j’ai appris sa mort, j’ai été réellement attristé, alors que nous ne nous connaissions même pas.
    Sans doute que sa franchise et son enthousiaste m’avait séduit.
    Dès que possible je viendrai écouter les Marx Sisters et et j’aurai évidemment une pensée émue pour cette amie potentielle que je n’ai jamais rencontrée..

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    1. J’ai rencontré Mano au festival du livre de l’OSE où je présentais mon livre  » Itinéraire d’une enfant maltraitée » elle m’apprend que ce ne sera pas Antoine Spire qui fera mon interview au café des Psaumes mais elle-même. Je fus déçue, mais lorsque je la rencontrais vraiment, je fus conquise et admirative devant son intelligence lumineuse et sa sensibilité, elle a pleuré pendant l’interview lorsque je parlais de la haine salvatrice qui avait sauvé la petite fille. Ensuite, ce fut la découverte des Marxsisters avec Judith, Léah et Milena, sur la péniche pour mon anniversaire, pour la remise de mon prix littéraire puis plusieurs soirées, toujours une merveille de chaleur et d’intelligence sur le monde. Il faut que l’orchestre continue, et s’il faut aider financièrement, je serais toujours là et les autres aussi pour rester, avec la musique Klezmer, toujours avec toi, Mano.

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  14. Mano, je t’ai rencontrée dans le cadre du festival du livre de l’O.S.E où je présentais mon livre « Itinéraire d’une enfant maltraitée » tu m’annonce que ce ne sera pas Antoine Spire qui va m’interviewer au café des Psaumes sur mon livre mais que ce sera toi. Je fus légèrement déçue, ne te connaissant pas, mais lorsque je t’ai rencontrée vraiment et que tu m’as questionnée sur mon livre, je fus éblouie à la fois par ton intelligence lumineuse mais aussi pour ta sensibilité…car oui, tu as pleuré lorsque j’ai parlé de haine qui avait sauvé la petite fille. Après cette rencontre, je voulais te revoir souvent et ce fut la découverte de ton orchestre avec tes 3 filles, sur la péniche pour mon anniversaire, puis encore la belle musique Klezmer toujours avec Judith, Léah et Milena, pour la remise du prix Oedipe des Libraires, et puis de rares soirées qui étaient toujours un enchantement, et là, ça s’arrête! mais je souhaite que continue ce magnifique orchestre avec les filles, et s’il faut vous soutenir financièrement, je suis là et je pense que tous le monde sera d’accord pour que nous puissions, avec la musique, être encore avec toi, Mano.
    Liliane Zylbersztejn

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  15. J’ai rencontré Mano Siri en octobre 2018 pour animer une fête familiale.
    Alors j’ai découvert une femme hors du commun, un esprit curieux, passionnée par la Vie……, un מענש. (mench).

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  16. Je ne suis qu’un musicien de passage et je ne t’ai rencontrée qu’épisodiquement lors de nos ateliers Mish Mash au Medem. J’ai toujours pensé que ta force de caractère (qui se lisait aussi dans ton regard assuré) devait te mener très loin. Je me suis trompé : quelque chose a fait que quelqu’un quelque part n’était pas d’accord. Cependant, ton souvenir, ton travail, tes projets, tes réalisations demeurent si j’en crois les commentaires et les marques d’amitié et d’amour qui accompagnent ton voyage. Tu vas nous manquer, c’est évident.

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  17. Vu vistu geven, yidishé Mame, des titres de chansons, gaies, sur de sujets qui ne l’étaient pas toujours. Mais l’élégance, celle de Mano, c’était de transformer le réel par la grâce de la parole, de l’écriture, et du chant. Mano, camarade du café des psaumes, je ne t’oublierai pas. Toutes mes pensées vont Judith et Milena que j’embrasse et à tous leurs proches .
    Marie Christine

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  18. j’ai rencontré Mano quand elle a contacté l’Espace Hillel à Lyon pour faire une résidence. Elle voulait pouvoir créer son dernier spectacle. Mano était un peu désordonnée, pas toujours à l’heure mais elle avait une énergie, une volonté d’avancer, de créer, qui était enthousiasmante.
    C’est une grande perte pour le petit monde musical juif français,

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  19. Vous étiez venues en famille chanter pour le Cercle Communautaire de Nogent le 22 juin 2019. Ce fut un moment de partage extraordinaire, ouvert à tous. Dans ce public très divers, bon nombre de personnes ont découvert grâce à vous la musique yiddish, et ont été conquis par la chaleur, l’enthousiasme de Mano et de vous toutes.

    Nous partageons votre chagrin. Mano était si gaie, tellement présente qu’il semblait que rien ne puisse lui arriver. Vous devrez continuer la route sans elle, mais nul doute qu’elle vous suit de là où elle est.

    Quant à nous, dès que le contexte le permettra à nouveau, nous serions ravis que vous reveniez à Nogent pour un bel hommage en musique.

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  20. Plein de pensées aux proches de Mano Siri partie trop tôt. Nous garderons son souvenir. Nous avons pu un temps unir nos forces pour des actions interconvictionnelles et ce fut une belle rencontre. Puisse son engagement continuer de nous inspirer.

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  21. ENGLISH BELOW

    Texte lu au moment de son enterrement

    Comment accepter l’inacceptable ? Comment guérir sans ta tendresse ? Comment grandir sans ton enseignement ? Comment vivre sans ton amour ? L’ironie du sort, c’est que toi et toi seule aurait les réponses. Tu répondais toujours à toutes mes questions (et dieu sait s’il y en avait beaucoup), et quand tu ne savais pas, tu cherchais les réponses. Tu me disais toujours que ma curiosité était une grande qualité, et qu’il ne fallait pas qu’on me laisse croire le contraire. Mais tu es partie, avec tes réponses, et je suis restée, avec mes questions.
    Je vais vivre sans toi car je dois t’en faire la promesse. Je te promets que je n’abandonnerai jamais rien, que je ferai tout pour être heureuse, que je veillerai sur mes soeurs, que tu seras fière de moi. Je te promets aussi que nous mènerons tous tes combats jusqu’au bout.
    Maman, je t’aime tellement. J’aurai tout donné pour te le dire une dernière fois.
    Et là, quand j’écris ces mots, je sens que tu es là, je t’entends. Tu vois comme tu es incroyable : tu arrives encore à répondre à mes questions. Ta tendresse, ton amour, ta voix, tes mots resteront dans mon coeur et mon esprit jusqu’à la fin. Merci maman, merci d’avoir été la plus merveilleuse. Merci de m’avoir aimé si fort que cet amour ne me quittera jamais.
    Depuis jeudi dernier, je ne pense qu’aux choses que nous ne ferons pas ensemble. Aujourd’hui, je veux me souvenir.
    Ta cuisine, c’est mon plus précieux héritage. Je me revois, enfant, fascinée. Je ne rêvais que de savoir faire comme toi. Je voulais t’aider, mais tu me répondais « pour apprendre, il faut d’abord regarder ». Et parfois, tu me laissais glorieusement mélanger une pâte à gâteau. Maintenant, quand nous cuisinions, plus besoin de paroles : quelques gestes, quelques regards, c’était tout.
    Le judaïsme, tu nous l’as transmis d’une manière inimitable, passionnante, et tellement amusante. Récemment, je me questionnais sur mon propre rapport à la religion. Ton départ m’a apporté beaucoup de réponses, mais tu aurais pu m’expliquer autrement tu sais.
    Tant de balades, où nous apprenions l’une sur l’autre, avec ou sans mots.
    Ce jour, plutôt récent, où ton simple câlin a guéri tous mes maux.
    Je veux garder toute ma vie l’image et le sentiment de te retrouver après ta journée de travail lorsque j’étais petite : tu arrivais dans l’impasse à Blanqui, tu ouvrais grand tes bras, et moi, abandonnant toute activité, je courrais jusqu’à toi.
    Tes leçons inoubliables. J’admire ces grands mots, si limpides, qui sortaient de ta bouche, sublimés par le son de ta voix. Quand j’étais petite, je pensais sincèrement que tu savais TOUT.
    C’est grâce à toi qu’aujourd’hui je chante. C’est toi qui m’y a poussé, avec un grand coup de pied au cul, comme tu disais si bien. C’est grâce à toi que je suis artiste, et que je le resterai.
    Ta passion de la transmission, de la pédagogie, tu me l’as refilée, comme une bonne grippe, que je le veuille ou non.
    Tes caresses sur mes joues, qui me réveillaient parfois le matin, qui me calmaient lorsque mon esprit s’agitait, qui me rassuraient lorsque mon coeur était lourd.
    Tes bisous chauds.
    Tes câlins.
    Ton regard tendre.
    Ta peau douce.
    Ton amour immense, juste, inconditionnel.
    Toi.

    ENGLISH :

    How to bear the unbearable ? How to heal without your tenderness ? How to grow up without your teaching ? How to live without your love ? Ironically, only you would have the answers. You would always answer to all my questions (god knows if there were many), and when you didn’t know, you’d search for the answers. You’d always tell me that my curiosity was a big quality, and that I should never let anyone tell me it was wrong. But you left, with your answers, and I stayed, with my questions.
    I will live without you because I must give you my word. I promise that I will never abandon anything, that I will do anything I can to be happy, that I will take care of my sisters, and that you I will make you proud. I also want you to know that we will make your battles ours.
Mommy, I love you so much. I would have given anything to tell you one last time.
    And now, as I’m writing these words, I feel that you are there, I can hear you. Look how incredible you are : you still manage to answer my questions. Your tenderness, your love, your voice, your words will always stay in my heart and spirit forever. Thank you mommy, thank you for being the most wonderful. Thank you for loving me so much that this love will never leave me.
    Since last Thursday, I can only think about the things we won’t do together.
    Today, I want to remember.
    Your cooking is the most precious heritage you gave to me. I can still see myself as a child, fascinated. I only dreamt of knowing how to do it like you. I wanted to help, but you would always answer : « to learn, you must observe first ». And sometimes, with your permission, I would gloriously mix a cake batter. Lately, when we were cooking, no more need for words : a few gestures, a few looks, and that was all.
    You passed on Judaism to us in such an inimitable, passionate, and fun way. Recently, I was wondering about my own relationship to religion. When you left us, I found answers. But, you know, you could have explained it to me differently.
    So many walks, where we were learning about each other, with or without words.
    That rather recent day when a simple hug from you cured all my aches and pains.
    All my life, I want to remember the picture and the feeling of you coming back from work when I was a child. You would arrive, in the cul-de-sac where we leaved in Paris, you’d open your arms widely, and I would abandon any activity to run to you.
    Your unforgettable lessons. I admired these great words, crystal clear, coming out of your mouth magnified by the sound of your voice. When I was little, I honestly thought that you knew EVERYTHING.
    It is thanks to you that I’m singing today. It was you who pushed me there, with a big kick in the ass, as you used to say so well. It is thanks to you that I am and I’ll stay an artist. Your passion for transmission and pedagogy, you passed it on to me like a good flu, whether I like it or not.
    Your touch on my cheeks, which sometimes woke me up in the morning, which calmed me when my mind was restless, which reassured me when my heart was heavy.
    Your warm kisses.
    Your hugs.
    Your tender look.
    Your soft skin.
    Your immense, fair, unconditional love.
    You.

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  22. Quelle tristesse d’apprendre que vous êtes partie si tôt, Chère Mano Siri.
    Je vous ai rencontrée à bord de la péniche Demoiselle, le dimanche 9 février 2019.

    Ce jour-là, il y avait un bal à la fois joyeux et nostalgique dont les mélodies yiddish ont ravivé tant de ressentis, de souvenirs d’enfance, de souvenirs de famille.

    Participer à cette fête du yiddish m’a beaucoup émue. Le lieu très inspirant que j’ai découvert grâce à vous, Chère Mano.

    Je me suis permis d’aller vers vous afin de vous remercier et de vous féliciter pour ce moment d’échange, de partage en musique. Faire découvrir ce petit monde si particulier, ce monde disparu qui revit avec votre aide, votre enthousiasme, votre engagement et vos trois filles Judith, Leah, Milena et tous les membres des Marx Sisters.

    Grâce à vous, j’ai pu organiser une soirée Swing Vegan à bord de la péniche Démoiselle, et je vous en remercie. Je garderai dans mon coeur ce court moment d’échange, souriant, chaleureux et bienveillant à la fin du bal.

    La musique, la danse nous aident à vivre, à traverser des épreuves, un lien pour les humains, un acte d’amour pour plus de justice et de paix, aussi.

    Prenez soin de vous Chère Mano.
    Judith, Leah, Milena,vous avez en vous un trésor; je vous embrasse bien affectueusement et serais heureuse de garder le contact avec vous, pas seulement dans les moments de joie…

    J’essaie de retrouver les vidéos et photos de ce bal du 9/02/019 afin de vous les envoyer.

    « lomir tanstn, lomir zingen, oyfn veg! »
    (chantons, dansons, sur la route !)

    Sarah – « Sarélé »

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  23. Mon hommage à Mano lors de l’émission de Lise Gutmann sur RCJ, disponible ici:
    https://eybik.wordpress.com/temoignages-ceremonies/

    Mano était philosophe au sens le plus noble du terme. Les combats qu’elle a menés – sa lutte contre le racisme, l’antisémitisme et toute forme de haine d’autrui – ont toujours été guidés par une pensée solide, une réflexion fine nourrie des lectures des philosophes, notamment, Spinoza, Sartre, Jankélévitch, Levinas. Et Joëlle Zask, notre amie commune.
    Mano avait créé sur You Tube une chaîne appelée Philobook et sur facebook une page du même nom. Elle en définissait ainsi la vocation : Philobook est un rendez-vous philosophique destiné à tous les amoureux de la sagesse pour échanger des ressources en ligne.
    Mano aimait particulièrement cette phrase de Jankélévitch qui va si bien à la philosophe et la musicienne qu’elle était, à son amour des autres et de la vie : « On peut vivre sans philosophie, sans musique, sans joie et sans amour. Mais pas si bien. »
    Elle aimait aussi les lignes que Spinoza a écrites au début de son Traité théologico-politique et où il affirme le droit à « la liberté de philosopher »
    C’est cette liberté de penser que Mano a défendue courageusement au moment du procès intenté, en 2017 à un grand historien du judaïsme accusé injustement d’incitation à la haine.
    Elle a écrit alors un texte admirable dont voici un extrait :
    « Un débat intellectuel peut-il être tranché par le juge ?
    Le débat, le conflit intellectuel, est le propre de la pensée, de son exercice, sa condition de possibilité même : et comment pourrait-on penser sans celui-ci, sans qu’il y ait conflit d’opinion ? La formation d’une ou de plusieurs opinions en est la condition. Et je m’en remets pour cet aspect à mon amie Joëlle Zask, philosophe et traductrice de l’œuvre de Dewey en France, qui n’a de cesse de souligner combien la liberté de l’opinion, son expression, sa contradiction, sa formation sont des marqueurs essentiels de l’état d’une démocratie.
    On structure, on généralise, on induit du particulier au général, ou on déduit du général vers le particulier, on admet des exceptions, on les explique, on voit en quel sens elles remettent ou non en question une proposition globale, voire universalisante. C’est le mouvement même de la pensée : sans cela on ne pense pas, on ne peut pas penser.
    Le risque, évidemment, et s’agissant d’être et de faits humains ou sociaux – qu’on ne peut traiter comme des choses n’en déplaise à la sociologie – c’est d’essentialiser, d’inférer et d’attribuer une caractéristique à un groupe indistinctement. On risque en effet toujours de naturaliser ce qui est peut être une détermination historique ou culturelle mais qui n’est pas un attribut essentiel : on ne peut lutter contre sa « nature » n’est-ce pas ? Un cheval ne peut décider d’être un âne ou un chien. Mais l’histoire, la culture, c’est autre chose car nous en sommes les acteurs, certes plus ou moins conscients, mais néanmoins responsables : c’est cela la « liberté ». « On est condamné à être libre », n’a eu de cesse de marteler Sartre, qu’on décrie trop souvent.

    Joëlle Epelbaum Hansel

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  24. Mon hommage à Mano dans le cadre de l’émission d’Alexis Kune, “Les Cinglés du Shtetl” sur Radio Yiddish pour tous. Pour écouter l’émission : https://eybik.wordpress.com/temoignages-ceremonies/

    Premier septembre 1978: c’est la rentrée des classes au Lycée Condorcet où je commence mon Hypokhâgne. “Ah, tu parles hébreu ?”: je me tourne vers ma nouvelle camarade de classe : une tête blonde, des yeux espiègles et un sourire amical : c’est Mano Siri. Une amitié solide se noue immédiatement entre nous, elle durera 42 ans.
    Je suis une petite fille sage (du moins, en apparence), de bonne famille juive (comme on dit), très scolaire ; Mano est une révolutionnaire dans l’âme, elle dit qu’elle regrette d’être née “dix ans trop tard”- de n’avoir eu que neuf ans en mai 68.
    Mano me parle de Groslay où vivent Benny Levy, sa famille et ses amis et où elle se rend régulièrement.
    Elle a déjà fait sien le destin du peuple juif.
    Pour Mano, le judaïsme n’est pas une question de foi ou de croyance : si elle se dit “Athée du Dieu des chrétiens”, elle l’est tout autant du Dieu d’une soi-disant “religion juive”.
    Mano l’a compris d’emblée : le judaïsme n’est pas une religion : Etre juif, c’est être membre du peuple juif.
    Mano a l’oreille fine. Elle sait déceler les préjugés ataviques dont se nourrissent les haines d’autrui et la discrimination. Ou tout simplement, la bêtise dont on sait qu’elle est la chose du monde la mieux partagée.
    Dès cette époque où elle n’a que 19 ans, elle lutte contre l’antisémitisme et le racisme sous toutes ses formes.
    En cette année 1978, l’opération “Un bateau pour le Vietnam” est lancée pour sauver les “boat-people”- les hommes, les femmes et les enfants qui s’embarquent en mer de Chine sur des rafiots surchargés pour chercher ailleurs, au risque de leur vie, un avenir meilleur. Doit-on les accueillir ou les repousser ? Pour Mano, il n’y a pas l’ombre d’une hésitation. Et c’est elle qui entraîne la classe à sa suite dans un mouvement de solidarité auquel certains de nous sacrifient leur argent de poche.
    L’année d’après, nous sommes de nouveau en classe ensemble, cette fois au lycée Balzac. C’est l’année de la Khâgne et du concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure. On bosse dur, la tension est forte et le temps nous manque. Mano trouve néanmoins le moyen de rendre à Sartre en classe, quand il meurt en avril 1980, un long hommage. C’est aussi elle qui est à l’origine de la création, à la même époque, d’un cercle d’études dont Charles Mopsik, le grand spécialiste de la cabale, est l’animateur.
    L’hiver 1980, nous voici ensemble en vacances, Mano et moi, dans les Landes. Avec nos hôtes, Jean-Louis, et Bénédicte, nous sillonnons la campagne et courons sur les plages de l’Océan inondées du soleil de ce mois de décembre. Dans les fermes, on nous offre plein de délices. Ah, la gourmandise de Mano – pas seulement d’ailleurs de bon vin et de bonne chère mais de toutes les nourritures terrestres !
    C’est là que nos chemins se séparent pour se rencontrer de nouveau plus tard. Malgré les milliers de kilomètres qui séparent Paris de Jérusalem où j’habite, ils ne se quitteront plus jamais.
    C’est l’année 2006. Mano et sa petite Milena viennent me rendre visite chez mes parents, à Paris. Ce n’est sans doute pas un hasard si nous habitons alors, l’une et l’autre, aux deux extrémités de la rue Jeanne d’Arc : Mano, du côté de l’Eglise et moi, du côté de la statue.
    Mano vient ensuite en Israël en vacances, avec Judith, Leah et Milena et nous nous voyons à Jérusalem, au Musée d’Israël. Plus tard, Mano rêvera de faire chanter les Marx Sisters au festival klezmer qui se tient chaque année à Safed.
    Mano et moi nous nous sommes suivies pendant presque toute notre vie de femme, depuis la prime jeunesse jusqu’à ce jour maudit du 19 novembre dernier où elle nous fut arrachée.
    Mano, j’aimais te taquiner en te disant que le Yiddish, c’est bien beau, mais que l’hébreu est la vraie langue du peuple juif. C’était de bonne guerre et tu me taquinais en retour : sans le Yiddish, aurions-nous eu les merveilleuses Marx Sisters ?
    Ce n’est pas que je veuille profiter de ton absence pour avoir le dernier mot en terminant par une formule hébraïque.
    C’est parce qu’elle te convient si bien, à toi qui était la vie même :
    Mano, ma très chère, Que ton âme soit liée au faisceau des vivants

    תהיה נשמתך צרורה בצרור החיים

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